Le patchwork me passionne depuis longtemps.

Pour tout vous dire, la version 1 de Chaumière Oiseau était une marque de patchwork. Mes premiers prototypes datent de 2010.

À l’époque, j’avais 2 obsessions : le patchwork et le motif arlequin. Deux lubies qui fonctionnent pas mal ensemble. J’ai donc commencé à fabriquer des plaids et des sacs polochon en losanges assemblés.
J’étais ravie du résultat. Mais lorsqu’il a fallu commencer à chercher des ateliers de confection pour les coudre en plus grande quantité, ça a été mission impossible. Trop compliqué, trop long, pas assez rentable…bref beaucoup trop artisanal.

Une déconvenue qui m’a stoppée net dans mon projet. Tout ça pour me lancer 2 ans plus tard dans une formation en tapisserie, une technique à peu près 3 fois plus longue! On peut donc se questionner sur ma cohérence. C’est une autre histoire et de toute façon je me suis faite à l’idée que tout ce que je trouve beau et qui me passionne vient de l’artisanat et des métiers d’art. Je dois donc accepter le temps long.

Mes plus anciens souvenirs de patchwork remontent à l’enfance et aux livres de Sarah Kay. J’adorais ses dessins de petites filles romantiques en robes Liberty et pantalons pattes d’èph. rapiécés.
Lorsque j’étais enfant je faisais beaucoup de couture à la main, comme ma grand-mère me l’avait appris. Mon loisir favori était de découper des carrés dans de vieux draps que je cousais ensemble puis que je brodais.
À l’adolescence j’ai aussi fait des compositions douteuses sur des jeans déchirés mais l’intention était là.

Pour mes prototypes de plaids en 2010 j’avais choisis des couleurs plutôt 80’s parce que je trouvais vraiment cool le mariage entre la technique du patchwork un peu désuète et les couleurs primaires très fortes.

Ces plaids et ces 1ers sacs m’ont suivie partout les années suivantes comme un désir suspendu, un rêve inachevé dont je parlais souvent à mes amies. « Un jour je ferai une marque de patchwork ».

Mais bon, c’est « trop long » et « trop compliqué ».

Chaumière Oiseau a finalement vu le jour à travers le tissage, la punch needle, le tufting, avec lesquels j’ai fabriqué toutes les créations que je décline depuis 4 ans. Autant dire que cette expérience m’a largement détendue sur le « trop long-trop compliqué ». Me mettre sérieusement au patchwork ne me faisait plus peur. Ce qui me faisait peur c’était plutôt de cumuler toutes ces pratiques parce que là, le temps long devenait extra long! mais c’est une problématique que je prends à bras le corps ces temps-ci.

C’est lors du premier confinement en avril 2020 que j’ai décidé de m’y mettre. Certains ont fait du pain, d’autres du yoga, moi j’ai fait du patchwork. Et comment vous dire qu’une fois que j’avais commencé, je n’ai jamais pu m’arrêter!

Au départ j’ai acheté plusieurs livres mais comme je n’ai aucune patience pour l’apprentissage théorique (il faut que je m’y mette tout de suite et que je me confronte à mes erreurs), j’ai plutôt avancé au fil de l’eau. J’ai composé avec des formes simples pour réaliser mes premiers cabas.

Puis, j’ai acheté 2 patrons de Paper, Sax, Sten pour Donna Wilson et j’ai cousu le coussin singe et le plaid panda.

Je bricolais au ciseau (damned! dirons les patcheuses) avec des petits calibres en carton.

Rapidement je me suis équipée avec un tapis de coupe, un cutter rotatif et des calibres rigides parce que franchement ça n’est pas du luxe!

J’ai collecté un tas d’images sur Pinterest. Le patchwork* et le quilting* étant des techniques traditionnelles aux Etats-Unis il y a beaucoup de sources d’inspiration notamment vintage.

J’ai ensuite découvert des marques américaines de quilting sur instagram et aujourd’hui, on voit bien que le revival patchwork arrive amplement chez nous.

Credit @honeybea

Credit @honeybea

Credit @carleen.us

Il y a une multitude de créations que je trouve magnifique mais pour ma pratique personnelle, je suis surtout inspirée pour imaginer des accessoires ou des vêtements. C’est là que la difficulté du temps long se pose vraiment. Si une tapisserie demande des heures de travail, elle est une pièce unique. À l’inverse, les vêtements impliquent d’être déclinés en tailles puis reproduits. Idem pour les sacs qui doivent être fabriqués en un minimum d’exemplaires.

Il y a donc à la fois une réflexion technique (optimiser un patchwork pour ensuite tailler des objets dedans), logistique et de production à mettre en place. À moins de ne faire que ça, et de le vendre très cher. Sans compter que trop d’idées se bousculent dans ma tête pour que j’ai le temps de toutes les réaliser.

Pour le moment, je couds tout les patch moi-même à la main et je suis aidée par un couturier pour le montage.

Depuis le début de Chaumière Oiseau, j’ai toujours travaillé seule et je mettais même un point d’honneur à cela, en me disant que c’est ce qui faisait la force de ma marque. La réalité est que nous n’avons que 2 mains, que les journées font 24 heures et que la rentabilité est une notion qui fini toujours pas vous rattraper même si vous êtes artiste dans l’âme!

Tout ça pour dire que depuis que le patchwork est entré dans ma vie ça a été le déclic pour accepter de fonctionner différemment et de commencer à déléguer certaines choses. Je propose de vous raconter la suite ici, étape par étape.

À très vite !

Pour une vue d’ensemble de mes patchworks, retrouvez moi sur instagram

* Patchwork définition : Le patchwork consiste en l’assemblage cousu de différents morceaux de tissu

* Quilting définition : Le quilting est une technique de matelassage qui consiste à superposer une couche de patchwork, une couche de molleton et un tissu dos qui peuvent être ensuite surpiqués ensemble pour former des motifs.

Credit @chaumiere-oiseau

Credit @chaumiere-oiseau

Credit @chaumiere-oiseau