Un des outils que j’utilise beaucoup dans la quête de développement de mon entreprise, c’est le podcast.

Cela fait environ 2 ans que j’en écoute régulièrement. Il faut dire que j’ai le temps puisque je passe de longues heures à coudre et à tisser. Écouter les conseils et les parcours d’entrepreneurs à succès me donne le sentiment d’optimiser doublement mes journées.

Parmi tous ces supports que j’adore, je pourrais citer Génération XX, Entreprendre dans la mode, Le Gratin, Génération Do It Yourself, Koudetat.

Sachant que j’écoute principalement des ressources en français pour une question de concentration (il faut que je continue à coudre droit!) mais internet regorge aussi de contenus anglophones hyper riches.

Si je suis honnête je dois dire que ces écoutes tantôt me nourrissent et tantôt me dépriment.

C’est le phénomène de sur-information qui peut mener à la saturation.

À force d’emmagasiner tellement de conseils, je finis parfois par me perdre, par angoisser et finalement par visualiser une montagne au lieu d’une route.

Dans ces moments là, je fais un break et je n’écoute plus rien pendant quelques semaines pour laisser à mon cerveau le temps de digérer.

Pour en venir au coeur du sujet, bien que ces podcast m’aient beaucoup appris, j’en ai toujours tiré une forme de frustration. En effet, beaucoup des business actuels sont digitaux (donc je ne suis qu’à un tiers concerné) et lorsqu’ils concernent des sujets plus proches du mien (la mode par exemple), ce sont souvent des fondateurs de boîtes très ambitieuses qui sont interrogés.

Ils ont généralement un profil école de commerce et bien qu’ils créent des entreprises prospères ils n’ont souvent jamais touché un crayon ou un tissu. Ou bien ils sont stylistes de formation et ils démarrent avec un business plan, un plan financier, une recherche de fournisseurs et de fabrication. Bref, tout ce qu’il faut pour monter une marque qui tient la route.

Moi je n’ai pas du tout fait comme ça. Mon développement est hyper organique. J’avais un vague business plan de départ mais dont j’ai totalement dévié.

Ce sont les opportunités -très rapides- qui se sont présentées à moi et qui ont orienté mon chemin.

Ma passion première étant de faire je n’ai pas créé les choses avec comme plan de chercher à les faire fabriquer, ni à interroger leur rentabilité d’ailleurs.

Je ne le revendique pas du tout! Je m’en mords plutôt les doigts aujourd’hui. Car c’est comme quelqu’un qui aurait appris la guitare tout seul et qui un jour prend un cours avec un professionnel : il est très compliqué de défaire les (mauvaises) habitudes.

À cela il faut ajouter que très vite dés le début de Chaumière Oiseau, j’ai fait des livres (4 au total) ce qui était totalement imprévu. Idem pour les ateliers qui sont devenus la partie principale de mon travail très rapidement alors que j’ai démarré avec le désir de créer mes produits. J’ai donc été catégorisée DIY à mon corps défendant. Cependant j’ai adoré ces années de partage et d’enseignement mais mon désir de création pure devenait de plus en plus comme un phare dans la brume.

Donc en écoutant ces podcasts et à force d’entendre à longueur de journée des gens parler de levées de fonds, de sous-traitance à l’étranger, de marges et de volumes, j’ai fini par analyser ma situation presque comme un échec.  Ce que je pensais être mon atout, à savoir mes qualités manuelle et créative, m’apparaissaient comme quelque chose d’inutile et totalement naïf.

Comme disent les créateurs de start-up, l’important c’est de « délivrer ». C’est bien d’avoir des idées, c’est bien d’être créatif, mais si derrière tu ne le rends pas concret et rentable, c’est du bullshit. Ou du rêve en tout cas.

Alors les variantes de l’équation m’apparaissaient impossibles à résoudre. Exemples :

– Il faut que je recommence tout à zéro. > Ce serait fort dommage de détruire tout ce que j’ai construit, notamment cette communauté de gens qui me suivent et me soutiennent.

– Il faut que je lève des fonds ou que j’emprunte de l’argent pour me développer > personne ne prête à un auto-entrepreneur et je ne suis pas du tout légitime pour parler à des investisseurs

– Il faut que je délègue, que je m’entoure > je n’ai pas les moyens de rémunérer quelqu’un.

Bref, le hamster dans sa roue.

Et la conclusion toujours la même : au lieu des Arts Appliqués, j’aurais dû faire une école de commerce.

Et puis, il y a eu l’interview de Catherine Painvin dans le podcast de Matthieu Stefani, Génération Do It Yourself.

Je vous mets le lien en fin d’article et je vous invite vraiment à écouter cet épisode, même si vous n’êtes pas entrepreneur, ne serait-ce que pour écouter le parcours de vie de cette femme incroyable.

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Photo @catherine-painvin.com

Catherine Painvin, c’est la fondatrice de Tartine et Chocolat. Elle à 74 ans. Elle a eu mille vies, de femme, mais aussi d’entrepreneuse. Et autant vous dire que l’on est loin du monde des start-up, de HEC, des DNVB et tutti quanti. Elle démarre son 1er « business » à 7 ans (oui, oui) et tout ce qu’elle créera ensuite, elle le fera avec ses petites mains, sa détermination et sa force de travail.

Rien ne l’arrête, rien ne lui fait peur > sky is the limit

Elle a une idée, elle l’exécute > elle délivre

Elle dit, « j’en faisais 25 et avec l’argent des 25 j’en faisais faire 100 » > elle développe TOUT DE SUITE

Elle dit « marge ou crève » > et oui, la marge, c’est le nerf de la guerre!

Elle a une force de travail inépuisable, jusqu’à s’en rendre malade (ça c’est pas bien. Mais il n’y a pas de secret, ça paye).

Donc cette femme à chaque fois qu’elle a une idée s’arme de ciseaux, de colle et de bouts de tissu pour lui donner corps, la reproduire et finalement générer des succès phénoménaux.

Alors on ne s’enflamme pas, je n’ai pas pour ambition de monter une multinationale! Mais ce qui m’a fasciné c’était d’entendre la réconciliation du pur esprit créatif et manuel qui part de rien pour monter marche après marche vers la réussite.

Après avoir soupé de tout ces story telling qui en mettent plein la vue et qui ont tendance à être contre-productifs quand tu galères j’ai trouvé l’histoire de Catherine ultra rafraîchissante, stimulante, motivante.

Il faut aussi prendre en compte qu’elle n’a pas froid aux yeux et ose se vendre, et aussi qu’elle a une forme de génie marketing et financier. Mais son aventure s’est construite de façon totalement empirique, uniquement guidée par la nécessité, la volonté et certainement un caractère très visionnaire. En tout cas elle ne s’est appuyée sur aucun discours ni pré-requis. Certes les temps ont changé, la concurrence est rude, le marché est saturé, les préoccupations environnementales sont nombreuses,etc…mais je ne suis pas certaine que la matrice de son processus soit tellement obsolète. Tout est question de volonté et d’énergie.

Je vous laisse écouter ses bonnes paroles. À bientôt!

 

LIENS :

Épisode 1 Catherine Painvin dans Génération Do It Yourself

Épisode 2 Catherine Painvin dans Génération Do It Yourself

Site de Catherine Painvin

 

Au printemps dernier, j’ai été contactée par les Galeries Lafayette pour distribuer mes pièces en patchwork.

Une nouvelle très enthousiasmante évidemment.

Pourtant répondre positivement n’était pas une évidence.

Pour tout vous dire, j’ai déjà eu quelques belles sollicitations de ce genre auxquelles j’ai toujours répondu négativement. La raison?  « Je ne peux pas faire de wholesale car je fabrique tout moi-même et je n’aurai donc jamais la capacité de fournir ».

C’est une position qui se défend et que j’ai tenu jusqu’à maintenant. Je n’avais jamais envisagé de fonctionner autrement et donc de sous-traiter une partie de mon travail.

Ceci en grande partie pour des questions techniques. Que ce soit en tissage, en tufting ou en patchwork, il est très compliqué voire impossible de trouver à faire fabriquer, surtout en France.

Pour moi le problème était réglé. Et mon idée était de continuer à tout faire par moi-même, en distribuant mes produits exclusivement sur ma boutique en ligne et sur Etsy.

En parallèle j’ai donné vraiment beaucoup d’ateliers. J’ai tenté d’avancer dans cet équilibre…pour le moins précaire. Résultat des courses : je me suis épuisée. J’ai bossé comme une malade pour finalement toujours courir après la trésorerie et le temps, tout cela malgré un succès certain.

Comme souvent dans la vie, il a fallu que j’aille au bout de ce mode de fonctionnement et que j’arrive au bout de mes forces pour décider de re-considérer mon schéma. Bien sûr, les habitudes ont la peau dure et le changement peut entamer la confiance. C’est pourquoi j’ai été chercher de l’aide.

D’abord, j’ai eu besoin de faire un point route. J’ai fais réaliser un audit de mon entreprise, histoire de voir si j’étais totalement à la rue et quelles perspectives s’offraient à moi si je voulais me développer et vivre mieux. Par vivre mieux j’entends financièrement mais également moralement et physiquement. Pendant 3 ans j’ai travaillé 7 jours sur 7 avec 3 semaines de vacances l’été, un rythme que je déconseille vivement!

La réalité est assez simple : soit vous êtes un artiste ou un artisan d’art qui vend des pièces uniques à prix élevé, soit vous avez une marque qui décline des produits en quantité et vous les distribuez. J’étais entre les 2, c’est à dire sans la carrure d’aucun des 2 cas de figure. Je l’écris sans dévalorisation aucune, d’autant plus que je connais le potentiel de mon travail mais la réalité économique oblige à affirmer un de ces choix et à structurer son projet en fonction de ce choix.

Tous les créateurs-entrepreneurs vous le diront : la meilleure partie c’est la création. Hors plus on avance, plus elle se réduit à peau de chagrin. Lorsqu’en plus on doit reproduire 30 fois le même coussin ça devient vite infernal.

Au terme de cet audit, la conclusion fut donc que pour sortir de cette spirale il fallait déléguer, à la fois pour m’alléger mais aussi pour pouvoir distribuer mes créations plus largement et répondre favorablement à la demande. Comme les planètes sont parfois bien alignées, c’est peu après que les Galeries Lafayette m’ont contactée. je l’ai pris comme un clin d’oeil de l’univers qui venait confirmer et récompenser ma décision.

Le plus dur reste à faire car les galères de production, c’est encore une autre aventure. Mais comme cette aventure est nouvelle et qu’elle présage d’une certaine liberté, elle ne me fait pas si peur. Que signifie cette « liberté » pour moi ?

Je veux pouvoir dessiner et prototyper mes modèles puis les faire fabriquer afin qu’ils soient suivis, sans rupture de stock permanente.

Je veux me consacrer aux collaborations artistiques que je partage avec des illustrateurs, des designers ou des marques.

Je veux ne pas perdre ma vie à la gagner.

Je veux passer mes week-end en famille ou entre amis et plus derrière ma machine à coudre ou mon métier à tisser.

Quant à mes états d’âme pour ce qui est du fait main, la typologie de mes créations fait que de toute façon elles resteront artisanales même si ce sont d’autres mains que les miennes qui les fabriquent.

C’est donc un travail de longue haleine qui m’occupe à l’heure actuelle. Je dois continuer de mener les projets en cours ET de fabriquer seule en grande partie tout en cherchant les partenaires qui pourront m’accompagner sur ce nouveau chemin.

La suite bientôt!

J’ai le plaisir de vous annoncer LA nouvelle de ce début d’année :

Chaumière oiseau s’installe du 22 janvier au 30 juin dans le superbe atelier boutique d’Aurélia Wolff : WHOLE

Je partagerai les lieux avec la créatrice Sokina, de la Récolte.

Six mois placés sous le signe de la couleur et de la créativité.

Nous vous y proposeront nos pièces uniques, nos kits et nous organiserons des pop up autour de nos 3 univers.

Vous pouvez nous suivre sur instagram : @chaumiere.oiseau // @sokinalarecolte // @ourwholeconcept

Nous posterons les actualités quotidiennes du lieu sous le hashtag #wholesokinachaumiereoiseau

Atelier-boutique WHOLE : 86, rue Jean-Pierre Timbaud, Paris 10e – Métro Parmentier

J’ai eu l’honneur d’être invitée par l’équipe du Who’s Next/ Première Classe pour créer mon Pop up lors de la nouvelle édition du Salon de septembre 2017.

Une proposition qui m’a un peu effrayée au premier abord. Ce type d’évènement étant pour moi synonyme de grosse machine.

Mais finalement ça a véritablement été une expérience passionnante : nous avons rencontré des gens bienveillants et récolté une belle moisson de compliments qui font du bien. 

Plusieurs débuts de projets sont nés.

La vie nous dira lesquelles des petites graines semées durant ces 4 jours fleuriront!

J’avais la chance d’être accompagnée par mon amie Caty de la marque Lucine vintage qui a meublé l’espace du Pop up.  

Axelle, de la sublime boutique Leaf a végétalisé le tout.